35,3 % Des 309 chiens vus en consultation vaccinale étaient en surpoids
74,1 Rapport de cotes du propriétaire qui sous-estime l'état de son chien
1,8 an Longévité médiane gagnée par les chiens rationnés, essai Kealy
10 à 15 % Le poids que vaut un point de score corporel au-dessus de 5

35,3 % des chiens vus en consultation vaccinale sont en surpoids

La donnée française la plus récente sur le sujet vient de Blanchard, Hoummady, Roche et de leurs coauteurs, publiée en 2024 dans Topics in Companion Animal Medicine. Trois cent neuf chiens présentés en consultation vaccinale aux centres hospitaliers universitaires vétérinaires de Maisons-Alfort et de Toulouse ont été scorés par le vétérinaire lui-même, entre 2020 et 2022. Le résultat tient en deux nombres, 63,1 % des chiens en condition idéale et 35,3 % en surpoids, dont 2,3 % d'obèses.

Deux précautions accompagnent ce chiffre. Ces chiens sont ceux que l'on amène à une consultation vaccinale dans une école vétérinaire, ce qui ne constitue pas un échantillon tiré au sort dans la population canine française. Et le score a été relevé par un professionnel, ce qui rend la mesure plus fiable que les enquêtes déclaratives, mais la restreint à ces deux établissements.

Aucune prévalence propre au teckel n'est publiée en France. Les pages qui présentent la race comme la plus exposée du pays s'appuient sur une impression, pas sur un relevé. Cette page l'a affirmé jusqu'au 29 août 2026, à tort. Ce que l'on sait du teckel, on le sait par sa morphologie et par son appétit de chien de terrier, décrits sur notre page consacrée au caractère du Teckel, pas par un pourcentage national.

Le facteur le plus associé au surpoids est un rapport de cotes de 74,1 sur le regard du propriétaire

La même étude a cherché ce qui distingue les chiens en surpoids des autres. Le facteur qui ressort en tête n'est pas l'aliment, ni la race, ni le nombre de repas. C'est le fait que le propriétaire sous-estime l'état corporel de son chien, avec un rapport de cotes de 74,1, un intervalle de confiance à 95 % allant de 29,8 à 215, et un seuil de signification inférieur à 0,001.

Facteur associé au surpoidsRapport de cotes
Propriétaire qui sous-estime l'état corporel de son chien74,1
Chien en âge gériatrique5,81
Chien de sexe femelle3,55

Un rapport de cotes de 74,1 signifie que, dans cette population, la cote de surpoids est environ soixante-quatorze fois plus élevée quand le propriétaire se trompe sur l'état de son chien. L'intervalle de confiance est large, de 29,8 à 215, ce qui reflète un effectif de 309 animaux. Même sa borne basse laisse les deux autres facteurs très loin derrière.

Une association n'est pas une causalité, et l'on peut lire cette relation dans les deux sens. Le propriétaire qui se trompe laisse le chien grossir, et le chien déjà gros depuis longtemps devient la norme visuelle de son propriétaire. Les deux mécanismes conduisent au même geste de correction. Confronter son propre jugement à une grille chiffrée, et le faire vérifier par un tiers.

Trois habitudes qui corrigent le regard

  • Le score noté : demandez le score sur 9 à chaque visite vétérinaire et faites-le inscrire dans le carnet de santé, à côté du poids. Un chiffre écrit se compare, une impression ne se compare pas.
  • La photo de dessus : le chien debout, l'appareil à l'aplomb du dos, à la même hauteur et au même endroit à chaque fois. La taille se voit sur la photo bien mieux qu'à travers la fenêtre du salon.
  • La palpation datée : les mains sur les flancs le premier de chaque mois, en notant simplement si les côtes se trouvent sans appuyer ou non.

La grille de palpation en neuf points, et la description exacte du score 5

L'échelle de référence est celle du score de condition corporelle, cotée de 1 à 9, reprise par FEDIAF dans sa table VII-2 et diffusée par la WSAVA sous forme d'une planche téléchargeable. Elle ne demande aucun matériel, seulement trois observations faites toujours dans le même ordre.

  1. Les mains sur les flancs Posez les paumes à plat de part et d'autre du thorax, doigts vers l'arrière, et faites-les glisser sans appuyer. Au score idéal, les côtes se trouvent immédiatement sous une fine couche de graisse. Le repère de comparaison est le dos de votre propre main, doigts écartés.
  2. Le chien vu de dessus Debout, sur un sol plat, l'observateur au-dessus de lui. La silhouette doit se resserrer derrière les côtes et former une taille visible avant les hanches. Sur un teckel, ce creux est moins spectaculaire que sur un chien haut sur pattes, il reste net.
  3. Le chien vu de profil À hauteur d'yeux, sur le côté. La ligne du ventre doit remonter derrière la cage thoracique, ce que le texte appelle la rétraction abdominale. Une ligne du ventre horizontale, parallèle au sol, signe un excès.

Le texte de FEDIAF décrit le score 5, l'idéal, en une phrase que l'on peut appliquer telle quelle, « côtes non visibles mais facilement palpables sous une fine couche de graisse », avec une taille marquée vue de dessus et une rétraction abdominale visible de profil. La masse grasse correspondante se situe entre 15 et 25 %.

La planche officielle est gratuite et tient sur une page

La WSAVA publie une planche de score corporel pour le chien et pour le chat, avec les neuf dessins et le texte descriptif de chaque échelon. Elle se télécharge librement, s'imprime et se colle à l'intérieur d'un placard de cuisine. C'est l'outil que les vétérinaires utilisent en consultation, et il n'existe pas de version française officielle plus détaillée. Télécharger la planche.

Un point au-dessus de 5 vaut 10 à 15 % de poids en trop

FEDIAF donne la correspondance chiffrée entre le score et l'excédent pondéral, ce qui transforme une appréciation visuelle en kilogrammes. Un point au-dessus du score idéal représente environ 10 à 15 % de poids en trop, et l'écart s'élargit ensuite.

ScoreExcédent de poids, FEDIAFChien dont le poids de forme est 5 kgPoids de forme 7 kgPoids de forme 9 kg
5aucun, 15 à 25 % de masse grasse5,0 kg7,0 kg9,0 kg
610 à 15 %5,5 à 5,8 kg7,7 à 8,1 kg9,9 à 10,4 kg
720 à 30 %6,0 à 6,5 kg8,4 à 9,1 kg10,8 à 11,7 kg
830 à 45 %6,5 à 7,3 kg9,1 à 10,2 kg11,7 à 13,1 kg

Cette table se lit aussi à l'envers, et c'est ainsi qu'elle sert le plus. Un teckel qui pèse 9 kg et que le vétérinaire score à 7 porte 20 à 30 % de trop, ce qui place son poids cible entre 6,9 et 7,5 kg. Ce poids cible devient ensuite la base de tout le calcul de ration, à la place du poids affiché sur la balance.

Ce raisonnement remplace avantageusement les fourchettes de poids par variété que l'on trouve partout, y compris sur cette page jusqu'à sa refonte. Le standard FCI n° 148 ne fixe aucun poids, ni pour le Standard, ni pour le Nain, ni pour le Kaninchen. Un teckel de 9 kg peut être parfaitement en état, et un autre en surpoids au même chiffre. Seule la palpation tranche.

Du score corporel à la décision

Ce que donne la palpationScore probableCe qu'il faut faire
Côtes, vertèbres et pointes des hanches saillantes à l'œil, aucune graisse palpable1 à 3Consultation, recherche d'une cause. Un teckel maigre n'est pas un teckel sportif
Côtes trouvées sans appuyer sous une fine couche, taille marquée de dessus, ventre remonté de profil5Ration d'entretien inchangée, pesée et palpation tous les trois mois
Côtes trouvées en appuyant légèrement, taille qui s'efface vue de dessus6Passage au coefficient 90 de FEDIAF, nouvelle palpation à quatre semaines
Côtes trouvées seulement en appuyant franchement, plus de taille visible7Poids cible calculé, ration de perte de poids sur ce poids cible, suivi mensuel
Côtes introuvables, ligne du ventre horizontale ou pendante, dépôts sur le bas du dos8 à 9Consultation avant tout régime, bilan hormonal et articulaire

La ligne du score 6 est celle qui se joue à la maison, avec le coefficient de 90 kcal par kilo de poids métabolique que FEDIAF réserve à l'adulte prédisposé à l'obésité. Le calcul complet, avec la table des rations de 3,5 à 12 kg, figure sur notre page consacrée à l'alimentation du Teckel. Les lignes du bas relèvent du vétérinaire, parce qu'un chien qui ne peut plus se palper doit d'abord être exploré, et parce que certaines maladies du Teckel font grossir sans que la gamelle y soit pour quelque chose.

1,8 an de longévité médiane en plus chez 48 labradors rationnés

L'essai de référence sur le sujet est celui de Kealy, Lawler, Ballam et de leurs coauteurs, publié en 2002 dans le Journal of the American Veterinary Medical Association. Quarante-huit labradors ont été appariés par portée. Dans chaque paire, un chien recevait 25 % de nourriture en moins que l'autre, à partir de l'âge de huit semaines et jusqu'à sa mort. Le protocole a donc suivi les mêmes animaux sur toute leur vie.

La revue publiée à vingt ans, par Lawler et ses coauteurs dans le British Journal of Nutrition en 2008, donne le résultat chiffré. Les chiens rationnés ont vécu 1,8 an de plus en médiane, et les maladies de fin de vie sont apparues plus tard chez eux, l'arthrose en premier lieu. Une masse grasse au-dessus de 25 % était associée à une insulinorésistance croissante.

Le couple 13,0 contre 11,2 ans ne vient pas de l'article

Ces deux valeurs circulent partout comme un résultat de l'essai. Elles proviennent de la communication de la marque qui a financé l'étude, pas du texte scientifique. Le chiffre publiable est l'écart, 1,8 an de longévité médiane, et il se cite comme tel. Le reste est de la brochure.

La transposition au teckel demande de la mesure. Quarante-huit chiens d'une seule race, tous des labradors, nourris dans un cadre expérimental strict, cela ne fait pas une prédiction individuelle pour un teckel de salon. L'ordre de grandeur, lui, tient. Un chien maintenu à son poids vit plus longtemps et développe ses ennuis articulaires plus tard. Notre page sur l'espérance de vie du Teckel replace ce gain dans les longévités observées pour la race, et celle consacrée à l'arthrose du Teckel détaille la mécanique articulaire concernée.

DachsLife n'a trouvé aucune association entre score corporel et hernie discale

Le raccourci le plus répandu sur cette race consiste à dire qu'un teckel qui maigrit protège son dos. L'enquête DachsLife 2015, menée par Rowena Packer et son équipe auprès des propriétaires de 2 031 teckels, dont 310 cas de maladie discale diagnostiqués par un vétérinaire, ne le montre pas.

Parmi les variables testées, le score de condition corporelle ne ressort pas comme associé au risque, au seuil retenu par les auteurs. Le poids non plus, ni le sexe, ni la conformation mesurée par le rapport entre la longueur du dos et la hauteur au garrot, ni le type d'alimentation. Les facteurs qui ressortent sont l'âge, dont les rapports de cotes explosent après quatre ans, et le temps d'exercice quotidien.

La nuance que les auteurs apportent eux-mêmes

Packer et ses coauteurs signalent que les propriétaires évaluent mal le score corporel de leur chien, ce qui peut masquer une association réelle. L'étude française sur 309 chiens donne à cette réserve un poids considérable, avec son rapport de cotes de 74,1 sur la sous-estimation par le propriétaire. Une variable mal mesurée par des déclarants qui se trompent massivement a peu de chances de ressortir dans un modèle. L'absence d'association trouvée ne prouve donc pas l'absence d'effet.

Deux conclusions en découlent, et elles ne se contredisent pas. On ne peut pas écrire que maigrir protège le dos du teckel, parce que la seule enquête de grande taille sur la race ne l'établit pas. On peut écrire que maintenir un chien à son poids allonge sa vie et retarde son arthrose, parce que l'essai de Kealy l'établit sur un protocole contrôlé. Le détail des prévalences par variété, des signes d'alerte et de la prise en charge figure sur notre page hernie discale du Teckel.

La ration de perte de poids se calcule sur le poids cible, à 60 à 80 kcal

Le protocole publié le mieux documenté vient de Flanagan, Bissot, Hours et de leurs coauteurs, paru dans PLoS One en 2017. Il porte sur 926 chiens suivis trois mois dans 340 cliniques réparties sur 27 pays. Parmi eux, 97 % ont perdu du poids, avec une perte moyenne de 11,4 %. La ration de départ y est fixée à 60 à 80 kcal par kilo de poids cible élevé à la puissance 0,75.

Tout le calcul repose sur le mot cible. La ration ne se calcule pas sur ce que le chien pèse aujourd'hui, mais sur ce qu'il doit peser, déterminé par la table de conversion du score plus haut.

Poids ciblePoids cible métaboliqueRation de perte de poids
3,5 kg2,56154 à 205 kcal par jour
5 kg3,34201 à 267 kcal par jour
7 kg4,30258 à 344 kcal par jour
9 kg5,20312 à 416 kcal par jour
12 kg6,45387 à 516 kcal par jour

Comparez ces valeurs à la ration d'entretien du même chien. Un teckel dont le poids cible est 7 kg entretient son poids avec 473 kcal par jour entre trois et sept ans. Sa ration de régime tombe entre 258 et 344 kcal, soit 27 % à 45 % de moins. La différence est trop importante pour être obtenue en réduisant discrètement la louche, elle demande une pesée des portions et un aliment dont la densité énergétique est connue.

Un régime conduit sur trois mois avec une perte moyenne de 11,4 % ramène un teckel de 9 kg à environ 8 kg. Pour aller de 9 kg à un poids cible de 7 kg, il faut donc envisager deux fois cette durée, en refaisant le calcul à chaque palier. La dépense se travaille en parallèle, par de la marche plate et régulière plutôt que par du saut, et par de la nage quand le chien l'accepte. Notre page Teckel et sport détaille les activités compatibles avec son dos.

Les erreurs à éviter

Notre avis, avec son critère de bascule

Le critère de bascule est le score 6, et il se lit avec les mains. Ce point unique au-dessus de l'idéal représente 10 à 15 % de poids en trop, soit 700 g à 1,05 kg sur un teckel dont le poids de forme est 7 kg. À ce seuil, il n'y a plus rien à discuter. Le coefficient passe à 90 kcal par kilo de poids métabolique, la ration du même chien tombe de 473 à 387 kcal par jour, et la palpation se refait à quatre semaines.

La seconde moitié de l'avis porte sur le regard plutôt que sur la gamelle, parce que c'est là que se trouve le rapport de cotes de 74,1. Un score chiffré, noté dans le carnet de santé à chaque visite, vaut mieux que n'importe quel aliment allégé. Le désaccord entre votre appréciation et celle du vétérinaire est une information en soi, et c'est celle du vétérinaire qui a été mesurée dans l'étude.

Enfin, ne cherchez pas dans le poids une protection pour le dos. Le levier documenté sur la maladie discale du teckel est le temps de marche quotidien, avec un risque multiplié par 2,49 en dessous de trente minutes par jour et divisé par deux au-dessus d'une heure, dans l'enquête DachsLife. Ce même temps de marche sert le poids. Il agit sur les deux, et par deux mécanismes différents.

Questions fréquentes

En trois gestes, toujours les mêmes. Posez les mains à plat sur les flancs et faites-les glisser vers l'arrière. Regardez le chien debout, vu de dessus. Regardez-le de profil, à hauteur d'yeux. Le score 5 sur 9, qui est l'idéal, se décrit ainsi dans le texte de FEDIAF, côtes non visibles mais facilement palpables sous une fine couche de graisse, taille marquée vue de dessus, rétraction abdominale visible de profil. Si vous devez appuyer pour trouver les côtes, le chien est au-dessus de 5. La balance seule ne répond pas à la question, parce que deux teckels de 7 kg peuvent avoir des compositions corporelles très différentes.

L'enquête britannique DachsLife 2015, menée auprès de 2 031 teckels dont 310 cas diagnostiqués, n'a trouvé aucune association significative entre le score de condition corporelle et la maladie discale. Le poids et le type d'alimentation ne ressortent pas davantage. Les auteurs nuancent eux-mêmes ce résultat en signalant que les propriétaires évaluent mal le score corporel de leur chien, ce qui peut masquer une association réelle. Écrire que maigrir protège le dos d'un teckel dépasse donc ce que les données montrent. Les raisons de maintenir un chien à son poids sont ailleurs, du côté de la longévité et des articulations.

La ration de perte de poids se calcule sur le poids cible, jamais sur le poids actuel, à raison de 60 à 80 kcal par kilo de poids cible élevé à la puissance 0,75. Pour un poids cible de 5 kg, cela donne 201 à 267 kcal par jour. Pour 7 kg, 258 à 344 kcal. Pour 9 kg, 312 à 416 kcal. Ce protocole vient d'une étude de 2017 portant sur 926 chiens suivis trois mois dans 340 cliniques de 27 pays, dont 97 % ont perdu du poids, avec une perte moyenne de 11,4 %.

L'essai de Kealy et de ses coauteurs a suivi 48 labradors appariés par portée, un chien de chaque paire recevant 25 % de nourriture en moins depuis l'âge de 8 semaines jusqu'à sa mort. La revue à vingt ans donne 1,8 an de longévité médiane en plus chez les chiens rationnés, avec une apparition retardée des maladies de fin de vie, en particulier l'arthrose. Le couple de valeurs 13,0 ans contre 11,2 ans, souvent cité, vient de la communication de la marque qui a financé l'essai et non de l'article scientifique. L'étude porte sur 48 labradors, pas sur des teckels.

C'est la situation la mieux documentée de tout le sujet. Dans une étude française menée sur 309 chiens vus en consultation vaccinale entre 2020 et 2022, le facteur le plus fortement associé au surpoids était le propriétaire qui sous-estime l'état corporel de son chien, avec un rapport de cotes de 74,1. L'âge gériatrique arrivait loin derrière, à 5,81, et le sexe femelle à 3,55. Le désaccord entre vous et votre vétérinaire est donc le signal, pas le bruit. Demandez le score chiffré, faites-le noter dans le carnet de santé et photographiez le chien de dessus pour comparer dans six semaines.

Nos sources

Page refaite le 29 août 2026. Trois affirmations ont été retirées, le teckel présenté comme la race la plus exposée à l'obésité en France, sans source, le lien direct entre surpoids et hernie discale, que DachsLife 2015 ne trouve pas, et les fourchettes de poids idéal par variété, que le standard FCI ne fixe pas.